Il n’y a pas de débat plus intime que celui de la fin de vie.
Il touche à la peur, à l'espoir.
Il emporte des débats parfois houleux mais toujours sincères et passionnés.
C'est un long chemin qui s'est achevé par le vote définitif du texte sur la fin de vie. Un chemin qui a permis de prendre le temps.
Ce chemin a commencé il y a quatre ans.
Une convention citoyenne a permis aux Français de se saisir du sujet, loin des postures.
Puis le texte a traversé huit lectures parlementaires, neuf votes, chacun marquant une étape d'un débat mené avec exigence plutôt qu'avec précipitation.
Ce n'est pas un hasard : un sujet aussi grave méritait un temps long, un débat digne, respectueux des convictions de chacun.
Aujourd'hui, l'Assemblée nationale a définitivement adopté ce texte.
C’est un aboutissement. C’est la consécration d’un droit nouveau et d’une liberté nouvelle pour les Français.
C'est une prise en compte des souffrances indicibles de certains malades.
C’est une protection pour les soignants.
Ce texte, que contient-il concrètement ?
Un droit nouveau, très strictement encadré. L'aide à mourir ne sera ouverte qu'aux personnes majeures, atteintes d'une affection grave et incurable, engageant le pronostic vital à court ou moyen terme, et souffrant de douleurs constantes qui ne peuvent être apaisées ou qui sont jugées insupportables. La demande doit être libre, éclairée et réitérée par le patient lui-même.
Ensuite, la décision ne sera jamais prise par un médecin ou un soignant seul, sans en référer à personne : elle repose sur une équipe médicale, avec des délais de réflexion et un droit de rétractation à tout moment pour le patient. Rien n'est automatique ni immédiat.
Le texte prévoit aussi une clause de conscience pour les soignants. Aucun professionnel de santé ne pourra être contraint de participer à cette procédure s'il ne le souhaite pas. Cette liberté nouvelle pour les patients s'accompagne donc d'une liberté préservée pour ceux qui soignent.
...
