Pour une Europe puissance

Nous avons bâti l'Europe de la paix. Il est temps, aujourd'hui, de forger l'Europe de la puissance.

Demain, aujourd'hui.
4 min ⋅ 09/05/2026

Une question de survie

Il y a des endroits où l’Histoire et l’urgence vous rattrapent. Des moments où les débats parisiens sempiternels semblent dérisoires comparés à la gravité de l’instant. 

Ces dernières semaines, j’ai rencontré beaucoup de chefs d’État et de gouvernement européens. 

À Athènes, avec le Premier ministre grec, j’ai vu l’urgence d’agir et de nous coordonner face à la pression migratoire. 

À Madrid, avec le Président du Conseil des ministres, j’ai pu voir combien il était capital de coordonner notre politique énergétique pour peser et sortir des griffes de la dépendance aux hydrocarbures. 

À Tallinn, avec le Premier ministre, j’ai parlé de la réalité et de l’ampleur des menaces que fait peser la Russie sur l’Europe. Les tentatives d’ingérence constantes, les cyberattaques toujours plus violentes. 

À Kiyv et Kharkiv, hors de l’Union mais sur notre continent, comme à chaque fois que je suis allé en Ukraine depuis deux ans, j’ai vu la réalité de la menace. La guerre qui détruit des quartiers entiers, endeuille des familles, dure depuis des années. 

Partout, j’entends une crainte : celle de la victoire, en France, des opposants à l’Ukraine, pour qui la haine de l’Europe n’a d’égale que la fascination pour Moscou. À chaque fois, on me le dit : « s’ils gagnent, on est morts ». 

Mort du soutien à l’Ukraine. Mort de la fermeté face à Moscou. Exposition face à toutes les attaques russes. Mort de notre coordination pour la transition écologique, l’innovation, l’immigration. 

Car l’Europe est notre meilleur bouclier. Le plus fort, le plus solide, celui qui peut nous permettre de peser et de faire entendre notre voix. 

Celui qui peut nous permettre de reprendre le contrôle de notre destin, d’être à la table du nouvel ordre mondial et d’écrire l’avenir. 

L’Europe, c’est le chemin le plus sûr vers la puissance. 

Les derniers mois le montrent : le monde qui s'ouvre devant nous ne fera plus aucun cadeau aux faibles. Nous sommes à un point de bascule.  

Alors en cette journée de l’Europe, une seule question se pose :  sommes-nous prêts à doter notre continent de la puissance nécessaire pour imposer notre voix et défendre nos libertés ?

...

Demain, aujourd'hui.

Par Gabriel Attal